C’était il y a trois ans…

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C'était il y a trois ans. Je n'ai rien oublié, vous non plus je suppose. Il est des dates que l'on se plait à se remémorer et d'autres qui nous font revivre l'effroyable. Je suis capable de me souvenir avec exactitude quand et comment j'ai appris le commencement ce qui allait devenir la nuit cauchemardesque du 13 novembre 2015. Ce soir-là et les jours qui ont suivi, les lueurs de nos victimes se sont éteintes à jamais, tandis que l'obscurité s'abattait sur leurs proches. Quant à nous autres, nous avons poursuivi notre route avec l'angoisse chevillée au corps, conscients de notre incommensurable chance et si consternés par ces drames. Ces vies humaines arrachées nous ont ramené à la réalité, et l'envie de serrer dans nos bras les meurtris était comme un moyen de leur transmettre notre compassion. Car s'il y a un mot qui restitue le mieux le sentiment collectif ressenti, c'est l'empathie. Je crois que nous nous sommes tous identifiés aux victimes : "Et si cela avait été moi" ?

C'était il y a trois ans

Pour ma part, j'ai vécu ces événements meurtriers du fond de mon lit d'hôpital à la maternité. Un séjour de plusieurs semaines avant la naissance de ma fille sur lequel je ne m'étendrai pas, là n'étant pas le sujet. L'une des choses que j'ai retenue de ce séjour, c'est le changement comportemental des gens, en l'occurrence des patientes. Il y eut l'avant et l'après 13 novembre 2015. Mes premières nuits à la maternité n'ont guère été reposantes. Les sonneries de couloir alertant le personnel d'un besoin pseudo-urgent de patientes étaient mon lot quotidien. En moyenne, cinq à six réveils nocturnes. Pourtant, aucune sonnette n'a retenti la nuit du 13 novembre. Une seulement la nuit suivante. Je ne crois pas au hasard. Aux prises de conscience, oui. Cesser de se regarder le nombril et s'enquérir de la santé des autres est ce qui arrivé de mieux à mes voisines de chambre. Si l'humanité, la compassion et l'empathie m'ont réchauffé le cœur, j'ai regretté les avoir (re)découvertes en de pareilles circonstances. Puis la vie a repris son cours et les sonneries ont de nouveau résonné...

Oublions-nous ou vivons-nous avec ?

La parole des victimes, celles de leurs proches, les médias et l'actualité en général nous empêchent d'oublier. Cela comprime-t-il nos vies pour autant ? Non et je m'en réjouis. Saluer la mémoire de nos défunts est un devoir et continuer de vivre aussi. C'était il y a trois ans et aujourd'hui, plus que les autres jours, je pense à eux.

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22 Replies to “C’était il y a trois ans…”

  1. Des drames comme celui-ci, on ne peut les oublier.. Un beau billet comme toujours ma Cécilia. Une pensée aux victimes et à ceux disparus.

  2. Ce sont des évènements comme celui que l’on ne peut oublié.. Une pensée pour les victimes et à aux disparus <3

    1. Et que les étoiles brillent plus fort ce soir

  3. On n’oublie pas. Et heureusement Cécilia.
    Nos articles se sont croisés…
    Pour ma part je me suis pris une vraie claque le lundi matin en arrivant au bureau. La phrase dont je me souviens particulièrement c’était “on ne va pas tomber dans la parano”. Sauf que moi ce n’était pas ça qui me troublait, c’était le drame, toutes ces vies perdues, traumatisées à vie justement, c’était l’horreur, la mort, l’enfer.
    Belle journée à toi.

    1. Comme toi, j’ai eu le cœur en suspend pendant quelques jours et non, ce n’était pas possible de faire comme si de rien n’était…

  4. Ta conclusion est très juste… Oublier non, continuer de Vivre, oui…

    1. Ne jamais oublier par respect pour eux, ces innocents aux vies stoppées net

  5. On ne peut pas oublier ce qu’il s’est passé … ! Déjà 3 ans :
    Il faut continuer de vivre, ne pas oublier certes mais vivre ! On ne sait pas de quoi la vie est faite.

    Bonne journée,

    A bientôt,
    Marie.
    http://www.bonjoourmarie.com

    1. Tu as raison, notre avenir à tous n’offre aucune certitude et la mort peut s’abattre où elle veut et quand elle le décide. Nous n’avons pas les pleins pouvoirs

  6. Bonjour,
    Oui c’était il y a 3 ans et c’est encore présent en chacun de nous je pense. Je me souviens de cette nuit là, j’ai appris ce drame via la tv comme beaucoup de monde, un flash en direct qui en général n’annonce rien de bon mais là j’étais choquée et angoissé je l’avoue… j’étais en vacances avec mon bout de choux de quelques mois seulement, et oui j’ai eu mal de voire le drame et la violence le lendemain à l’écran, j’ai eu mal de voire dans quel monde il allait grandir ! Et régulièrement j’y pense quand on sort dans des lieux publiques, oui la peur est là je ne m’en cache pas mais aujourd’hui je pense à vous, victimes, parents ou amis, collègues, à toutes les personnes qui s’en sont sortis ce jour là et qui doivent vivre avec cette trouille en eux à jamais…
    Biensûr comme chaque jour je fais au mieux pour mes enfants et je prie qu’ils grandissent et soient heureux tout simplement, mais aujourd’hui est un jour particulier pour la France.
    Merci de ce billet et apprécier le soleil qui pointe le bout de son nez !

    Sacha

    1. Merci pour ton message Sacha. Je comprends que la peur soit toujours présente, c’est tellement humain. Bonne soirée

    1. Merci pour tes pensées 🙏

  7. Ces événements m’ont beaucoup marqué. Mon frère aurait dû être du côté des pompiers ce jour là mais son anniversaire en a décidé autrement. J’étais enceinte aussi. Dans quel monde allais-je donner naissance à ma fille? J’ai beaucoup pleuré pour ces innocents, pour ce monde qui devient fou, pour notre avenir… Et ils ont réussi, j’ai eu peur, très peur et j’en suis aujourd’hui toujours marquée!

    1. C’est compréhensible tant le traumatisme a été important. Cela aurait pu être nous…

  8. on oubliera jamais ces horreurs meurtrières. Cette date restera gravée en nous à jamais. J’ai aussi fait un hommage sur mon blog.

    1. Cette date s’ajoute à une trop longue liste en effet…

  9. Je n’oublierai jamais cette horreur.

    1. Moi non plus, ni les autres…😣

  10. à Paris, on connaît tous quelqu’un qui a été touché de près ou de loin par le Bataclan.. J’y ai pensé chaque jour pendant un an… Mais il faut continuer à vivre, à profiter de la vie et en pensant à ceux qui n’ont pas eu cette chance.. Comme tu conclus si bien..

    1. Pour ma part, je ne connaissais aucune victime personnellement, ni les proches de l’une d’entre elles mais cela ne m’a pas empêché de me sentir concernée. Le fait de vivre à Paris m’a revanche fait cogiter davantage ; je pense que j’aurais été moins inquiète en vivant ailleurs.

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